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1 décembre 1995 | Bulletin Swissnoso | Edito

Editorial du Bulletin 2.4

P. Francioli, Lausanne et H. Furrer, Berne

Personne ne contestera qu’il convient de lutter contre les infections et non contre les microorganismes. Cette approche s’est considérablement développée au cours de ces dernières années, et les trois articles du présent numéro illustrent certains progrès et limites auxquels nous sommes confrontés.

La résistance aux antibiotiques devient un problème préoccupant pour de nombreux pathogènes, qu’ils soient communautaires ou hospitaliers. Citons par exemple les pneumocoques, les staphylocoques, les entérocoques, ainsi que certains bacilles à Gram négatif ou les bacilles tuberculeux. Du fait de sa virulence particulière, le staphylocoque doré est une préoccupation majeur. De nombreux hôpitaux sont confrontés à des souches qui sont résistantes à presque tous les antibiotiques, le seul recours encore universellement efficace étant les glycopeptides (vancomycine, teicoplanine). Divers faits laissant craindre que des résistances à la vancomycine n’apparaissent, et il convient de limiter la propagation de ces staphylocoques dorés résistants. Les connaissances actuelles montrent que le problème doit être attaqué sous de multiples angles pour parvenir à être contrôlé. Il n’y a pas de solution miracle et la stratégie demande des moyens appropriés. Plusieurs études montrent cependant que les moyens nécessaires à la prévention sont nettement moins coûteux que ceux nécessités par le traitement.

Parmi les mesures qui permettent de limiter la propagation des microorganismes, résistants ou non, le lavage des mains est une mesure très importante. Le lavage des mains à l’hôpital, dont l’efficacité préventive a été démontrée il y a plus 150 ans, soit avant l’air pasteurienne, est souvent traité avec mépris et ricanement par les médecins d’aujourd’hui. Les infirmières qui, à juste titre, croient à son efficacité sont souvent découragées par l’attitude du corps médical. Elles-mêmes, soumises à des restrictions de personnel et à des tâches toujours plus nombreuses, n’ont pas toujours le temps de le pratiquer. Il faut bien dire que c’est un geste souvent frustrant dans la mesure où le résultat immédiat n’est pas perceptible. L’article du présent numéro propose des recommandations pratiques pour que le lavage des mains puisse être réalisé de manière simple et ciblée.

Les objets en contact direct avec le patient peuvent transmettre des microorganismes qui eux-mêmes, en fonction de facteurs de virulence d’une part et des mécanismes de défense de l’hôte d’autre part, vont causer des infections. A cet égard, certains objets tels les stéthoscopes ou les thermomètres méritent attention et le dernier article de ce numéro fait le point à ce sujet.

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