Aspects méthodologiques
Qu’est-ce que la surveillance épidémiologique des infections du site opératoire?
La surveillance épidémiologique des infections du site opératoire est une méthode prospective de suivi des patients opérés dans le but de détecter et diagnostiquer les infections selon une méthode validée et basée sur des critères cliniques internationaux
- la méthodologie utilisée permet d’obtenir des taux bruts d’infections par type d’intervention et des risques ajustés qui tiennent compte des différences entre patients (case-mix) grâce à l’utilisation d’un indice de risque (NNIS risk index)
- cette méthodologie est basée sur des recommandations et des expériences internationales, et notamment sur le système américain National Nosocomial Infections Surveillance (NNIS)
- certains pays européens ont également développé ce type de programme : HELICS (Europe), KISS (Allemagne), RAISIN (France), PREZIES (Hollande)
Qu’est-ce qu’une infection du site opératoire?
une infection qui survient au niveau de l’incision, des cavités ou des organes touchés lors d’une intervention chirurgicale effectuée dans les 30 jours précédents ou dans les 12 mois si implantation de corps étranger, tel une prothèse orthopédique
- les infections du site opératoires sont catégorisées de la manière suivant : incisionnelle superficielle, incisionnelle profonde et infection d’organe et d’espace. Elles sont diagnostiquées selon les critères internationalement reconnus des Centers for Disease Control and Prevention (CDC), Atlanta.
Quelles sont les interventions suivies par le programme?
huit types d’interventions peuvent être suivis: appendicectomies, cholécystectomies, chirurgie du colon, cures de hernies, césariennes, premières prothèses de hanches et de genoux, chirurgie cardiaque. Pour un hôpital pratiquant la chirurgie digestive, le suivi des interventions sur le colon est obligatoire. Les autres interventions sont à choix et peuvent faire l’objet d’un tournus. Toutefois, au moins 3 types d’intervention doivent être choisis et au moins 30 patients doivent être inclus dans chaque type d’intervention choisi
Comment les résultats sont-ils rendus aux institutions?
chaque trimestre, chaque hôpital pourra consulter online ses taux d’infections comparativement aux autres hôpitaux qui, eux, apparaîtront de façon anonyme
- après une année un rapport détaillé sera fourni à chaque établissement participant
Qu’est-ce que le benchmarking?
le benchmarking est une technique de gestion de la qualité correspondant à un processus continu de recherche, d’analyse comparative, d’adaptation et d’implantation des meilleures pratiques pour améliorer les performances dans une organisation.
Où s’effectue la formation du personnel chargé de la surveillance des ISO?
des journées de formation théoriques et pratiques sont organisées par Swissnoso. La première session aura lieu au mois d’avril 2009. La date doit encore être fixée.
- durant ces journées de formation de l’enquêteur, ce dernier est sensibilisé à des notions d’épidémiologie telle la méthodologie utilisée, puis initié aux aspects cliniques de la surveillance pour leur permettre de suspecter, identifier et diagnostiquer les infections à l’aide des critères CDC.
- le questionnaire (CRF=case report form) ainsi que le guide de référence (study guide) sont présentés et expliqués à cette occasion
- une démonstration de la base de données avec une saisie online est effectuée
- les questions liées à l’organisation pratique sur le terrain sont également abordée
Comment la confidentialité est garantie?
La protection des données, c’est-à-dire l’accès aux données des patients et aux résultats par hôpital, est garantie grâce à la technologie moderne du serveur internet.
Aspects administratifs
Qui sont les organisateurs de la surveillance épidémiologique des ISO?
La surveillance est organisée par l’association d’experts Swiss-NOSO en partenariat avec IVQ
- Swiss-NOSO: association d’experts en prévention et contrôle de l’infection mandatée par l’Office Fédéral de la Santé Publique (OFSP) pour promouvoir la lutte contre les infections nosocomiales
- AIQ/IVQ : Association intercantonale pour l’assurance qualité dans les hôpitaux (Karin, en allemand : Interkantonaler Verein Qualitätssicherung und –förderung in den Spitälern). Il s’agit d’un regroupement de 18 cantons en Suisse : AG, BE, SO, BS, BL, LU, OW, UR, SZ, ZG, AI, AR, GL, GR, SH, SG, TG, ZH, und FL. Une nouvelle association résultera de la fusion de AIQ/IVQ et du CIQ/KIQ ; elle regroupera les cantons, H+, santésuisse et MTK/CTM.
- H+ et la Conférence suisse des directrices et directeurs cantonaux de la santé (CDS) soutiennent ce projet
un courrier a été envoyé par IVQ et Swiss-NOSO à tous les hôpitaux et cliniques suisses, précisant les buts et les modalités du programme, ainsi que la manière de procéder pour s’y inscrire. Les retardataires peuvent s’adresser directement au Président de Swiss-NOSO : Prof. Christian Ruef, Klinik für Infektionskrankheiten und Spitalhygiene, HAL 14 C, UniversitätSpital Zürich, 8091 Zürich. E-mail: christian.ruef@usz.ch
la décision de participer est prise par la direction de l’hôpital ou de la clinique
Quelles sont les modalités du contrat (durée/résiliation)?
les modalités du contrat type liant les institutions à Swiss-NOSO sont disponibles dans le document «Contrat Swiss-NOSO _Hôpitaux»
Aspects financiers
Quel est le coût pour une institution?
Pour une institution, les coûts de la participation au programme comprennent un forfait annuel d’inscription de CHF 5′000.-, auquel s’ajoutent des coûts variables en proportion du nombre d’interventions incluses dans la surveillance. La première composante de ces coûts variables est un montant facturé pour chaque intervention incluse (CHF 15.- jusqu’à 100 interventions incluses, CHF 10.- au-delà de 100); ce montant, tout comme le forfait d’inscription, vise à couvrir les frais de fonctionnement du programme. La seconde composante des coûts variables consiste en forces de travail que l’hôpital doit consacrer à la surveillance; celles-ci peuvent être estimées à 0.5 poste infirmier pour l’inclusion de 1′000 interventions par année, à quoi s’ajoute une supervision par un médecin référant à raison d’env. 1 h/semaine.
Aspects informatiques
Comment les données sont-elles transmises au centre de surveillance?
Les données sont récoltées à l’aide d’un formulaire (CRF) en papier recto verso (link to pdf file). Il contient des données démographiques, sur l’opération, l’évolution clinique et les renseignements téléphoniques. Ensuite, chaque hôpital saisit manuellement les données dans un formulaire électronique sécurisé. Finalement, les données sont transférées vers un serveur de surveillance Swissnoso sécurisé.
Quelles sont les ressources informatiques nécessaires?
L’infrastructure informatique minimale nécessaire pour participer au programme de surveillance est un ordinateur (avec web-browser) et un accès internet pour la transmission des données.
Aspects organisationnels
Quelle catégorie professionnelle effectue la surveillance sur le terrain?
Dans chaque institution, les données nécessaires à la surveillance doivent être récoltées par un(e) infirmier(e) diplômé(e) et validées par un médecin. Ces deux personnes doivent avoir suivi la formation prévue dans le cadre du programme. Par soucis d’objectivité, elles ne doivent pas être employées par le service où s’effectue la surveillance.
la formation des enquêteurs aura lieu au printemps 2009. Les premiers patients seront inclus et pourront être saisis online dès le 1er juin 2009
Quelles sont les ressources nécessaires pour l’institution?
Chaque hôpital qui participe au programme de surveillance des infections du site opératoire s’est engagé d’allouer les ressources internes nécessaires : suffisamment de forces de travail infirmière (avec si possible une personne ayant un diplôme en hygiène hospitalière et ayant suivie la formation Swiss NOSO), ainsi qu’un médecin spécialiste en infectiologie et/ou en hygiène hospitalière ayant également suivi cette formation. Les taux d’activité de ces personnes dépendent du nombre de patients opérés à surveiller. Il faut compter 20 minutes par cas, y compris le suivi téléphonique.
Comment s’organiser en interne?
avant de débuter la surveillance des infections du site opératoire, il est nécessaire d’informer les partenaires concernés (soins médicaux et infirmiers) sur la méthode et les aspects organisationnels. Il est important de leur préciser que la surveillance ne signifie aucun travail supplémentaire de leur part, car la récolte des données doit être entièrement effectuée par l’enquêteur désigné. Pour assurer la qualité de la surveillance, l’hôpital doit identifier, en dehors du service de chirurgie, un médecin référent qui peut consacrer environ une heure par semaine à une supervision médicale des diagnostics d’infection.
- une phase de préparation sur des aspects pratiques et bureautiques tels que la mise à disposition d’un poste informatique avec une connexion internet et d’une place de travail est nécessaire
- l’accessibilité aux données démographiques, liées à l’opération, au suivi, et à l’infection si présente, dépend des organisations internes à chaque établissement. Actuellement, une grande partie de ces informations est accessible sur le réseau informatique des hôpitaux. Des contacts avec différents partenaires, tels que le bloc opératoire et les secrétariats médicaux, sont indispensables pour obtenir des copies de documents (par exemple programme opératoire, lettre de sortie, rapports d’examens) au cas où ceux-ci ne seraient pas disponibles par voie informatique
- Ces aspects organisationnels sont traités lors des journées de formation des enquêteurs
Combien de temps faut-il consacrer à la surveillance?
Le travail de l’enquêteur représente un pensum d’environ 50% pour l’inclusion de 1000 interventions par année. Ainsi, un hôpital qui envisagerait par exemple l’inclusion de 40 interventions sur le colon, 100 appendicectomies et 60 prothèses de hanches devrait prévoir un taux d’activité infirmière d’environ 10%. Le médecin référent devrait, quant à lui, consacrer environ une heure par semaine à une supervision médicale des diagnostics d’infection.
Quelles sont les implications pour mon institution?
Les implications sont d’abord d’ordre financier, puisque chaque institution devra verser une somme forfaitaire de CHF 5′000.- pour son inscription au programme, ainsi qu’un montant par intervention incluse (CHF 15.- jusqu’à 100 interventions, CHF 10.- au-delà de 100). Sur le plan des ressources humaines, chaque institution devra allouer à la surveillance des forces de travail infirmière (de l’ordre de 0.5 poste pour 1′000 interventions incluses par année) et médicale (env. 1 h par semaine) qui devront assurer la collecte, la validation et la transmission des données. Ces forces de travail ne doivent cependant pas être rattachées aux services chirurgicaux où s’effectue la surveillance.
