Au sujet de l'enquête de prévalence

Enquête de prévalence des infections associées aux soins et de l’utilisation des antimicrobiens dans les hôpitaux de soins aigus en Suisse

Pourquoi l’enquête est-elle nécessaire ?

Environ 70’000 patients contractent chaque année une infection associée aux soins (IAS) dans les hôpitaux suisses. Jusqu’à 50 % des IAS peuvent être évitées grâce à des mesures de surveillance, de prévention et de contrôle des infections. Le Conseil fédéral a reconnu la nécessité de s’investir dans la prévention des IAS. Dans le cadre de sa stratégie globale « Santé2020 », il a défini la réduction des IAS comme mesure de premier ordre. L’Office fédéral de la santé publique a initié une « Stratégie nationale de surveillance, de prévention et de lutte contre les infections associées aux soins » Stratégie NOSO dont l’objectif global est de réduire le nombre d’IAS et d’empêcher la propagation d’agents pathogènes potentiellement dangereux dans le cadre des soins stationnaires. Un élément-clé de la stratégie est de déterminer l’ampleur des IAS en Suisse. Le plus simple pour ce faire est de réaliser une enquête de prévalence des IAS. L’enquête de prévalence 2017  est donc soutenue financièrement par la stratégie NOSO de l’OFSP.

Dans les domaines de l’hygiène hospitalière et de la prévention des IAS, les enquêtes de prévalence ont une longue tradition.  L’étude « Study on the Efficacy of Nosocomial Infection Control » (SENIC) menée aux Etats-Unis a démontré le bénéfice des enquêtes de prévalence en répétition pour prouver l’efficacité d’un programme de prévention et contrôle de l’infection. Déjà en 1981, un groupe d’experts de l’OMS a recommandé la réalisation d’enquêtes nationales pour mieux estimer l’incidence globale des IAS. La réponse n’était pas impressionnante mais néanmoins, un groupe toujours plus important de pays a conduit des enquêtes de prévalence des IAS dans les années suivantes. Une série d’enquêtes de prévalence périodiques a été organisé par Swissnoso dans le passé, la dernière fois en 2004. Cet outil permettant d’estimer la charge des IAS dans les hôpitaux de soins aigus avait sombré progressivement dans l’oubli, jusqu’à ce que l’ECDC et l’US-CDC organisent des enquêtes de prévalence ponctuelles de grande envergure en 2011/2012. Les deux enquêtes ont démontré une prévalence de 4-6% parmi les pays de l’Union Européenne et les Etats-Unis. Actuellement (2016/2017), l’ECDC organise sa deuxième enquête de prévalence ponctuelle sur les IAS et l’utilisation des antimicrobiens dans les pays de l’Union Européenne, de l’Espace économique européen et des pays candidats. La réalisation d’une enquête de prévalence ponctuelle pendant cette période confère à la Suisse une première et unique occasion de comparer ses données avec celles d’autres pays européens.

Quels sont les objectifs de l’enquête ?

  • Estimer l’ampleur des IAS et l’utilisation des antibiotiques dans les hôpitaux de soins aigus en Suisse
  • Caractériser les patients, les procédures invasives, les infections (sites, micro-organismes y compris les marqueurs de résistance antimicrobienne) et les antimicrobiens prescrits (substances, indications)
  • Évaluer les aspects généraux des structures-clé et des procédures pour la prévention des IAS et la résistance antimicrobienne
  • Comparer les données de la Suisse avec celles des pays européens.

Quels hôpitaux peuvent participer ?

Swissnoso invite tous les hôpitaux suisses de soins aigus à participer. Les patients aux urgences (pour moins de 24 heures), en psychiatrie, en réadaptation ou au bénéfice de tout autre soin de longue durée sont exclus. Pour inscrire votre hôpital à l'enquête de prévalence suisse, veuillez envoyer un mail de confirmation à l'adresse suivante: pps@swissnoso.ch.

Que comprend cette enquête ?

Méthode

Afin de comparer la situation en Suisse avec celle des autres pays européens, l’enquête de prévalence en Suisse a adopté le protocole ECDC et l’a adapté aux besoins spécifiques en Suisse. Les protocoles adaptés en allemand et français sont disponibles en format PDF.

Collecte de données

Les hôpitaux sont invités à recenser les données de la prévalence entre avril et juin. Les données doivent être collectées sur un seul jour pour chaque service/unité. La durée totale de collecte de données pour l’ensemble des services d’un hôpital ne doit pas dépasser deux semaines.

La composition de l’équipe responsable de la collecte des données peut varier d’un hôpital à l’autre. Il est recommandé que le personnel chargé de la prévention et du contrôle de l’infection (PCI) s’implique dans cette procédure. L’équipe en charge des patients ne devrait pas collecter des données, mais soutenir l’équipe PCI.

Saisie/transmission de données

Chaque hôpital doit s’inscrire sur le portail de CH-PPS avant de collecter les données dans la base électronique. Nous recommandons que  deux membres de l’équipe de PPS local se chargent de cette inscription. Le centre de coordination vérifie l’inscription, donne le code pour l’hôpital et libère l’accès. L’hôpital est informé par courrier électronique.

Après avoir rempli les formulaires papier et reçu la confirmation du centre de coordination, on peut entrer les données dans la base électronique en utilisant le code et le mot de passe reçus du centre de coordination. 

Feedback aux hôpitaux

Chaque hôpital peut obtenir un feedback individuel à chaque moment dès que les données sont complètement enregistrées dans la base de données électronique. Afin d’obtenir le feed-back, l’hôpital utilise la fonction « évaluation » dans le portal CH-PPS. Dès que des données de la Suisse sont disponibles, des résultats synthétisés anonymisés vont être disponibles sur la plateforme CH-PPS.